Melina Faka

L'artiste crée une scénographie pour la 27e édition de la Fête de l'iris.

Composer et rendre palpable

Artiste designer est un métier peu connu du grand public. Quel est votre parcours ?

J’ai longtemps travaillé en tant qu’artiste chorégraphique. Mon terrain de jeu était la scène de théâtre. À un moment de ma vie, j’ai eu envie de « passer de l’autre côté » en façonnant l’espace. Je me suis donc formée à la création en espace public à Marseille, et en art, design et scénographie à l’école des Beaux-Arts de Toulouse puis de Lyon.
Mon métier consiste notamment à concevoir des espaces, des installations, pensés comme des environnements à activer. Mais je navigue entre différentes modalités. Ma pratique mêle plusieurs disciplines : textile, objet, vidéo, performance, installation. Née en Grèce, et arrivée en France à sept ans, j’ai, de ce fait, une double culture qui influence mon travail. J’aime mélanger les genres, procéder par assemblages, par collisions, dans un récit toujours fragmentaire.

Le public découvrira votre scénographie lors de la prochaine Fête de l'iris. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Sans tout dévoiler, je peux dire que j’ai travaillé sur un cheminement en trois actes. D’abord il me semblait important d’agir sur l’entrée, espace de passage qu’on franchit, entre les abords et le parc.
Ensuite j’ai déployé le principe du motif selon trois modalités différentes. La programmation est dense et d’une grande richesse, l’envie était donc d’agir par touches de couleurs, comme un peintre qui va poser des zones, des lignes de force, pour appuyer la composition, et donc le propos. Ici, le spectateur fait partie du tableau. La thématique de cette année « entre ciel et terre », m’a amenée à développer différentes matérialités se déclinant sur des temporalités plus ou moins longues, du geste, à la contemplation, puis à la mémoire de l’événement.

Vous connaissez bien la Fête de l'iris puisque vous êtes désormais Oullinoise…

Tout est venu d’un coup de cœur pour un nouveau logement il y a quatre ans. Depuis, j’ai découvert une commune qui donne envie de s’ancrer pour construire : il fait bon vivre à Oullins, c’est une ville avec un fort potentiel où j’ai envie de développer des projets. La Saulaie, où mon conjoint ébéniste a installé son atelier « De Facto », est par exemple un quartier en pleine évolution.
Nous collaborons régulièrement et développons une relation forte designer-artisan basée sur les questions de création et de production, en contournant les règles du jeu. Avec mon ateliergalerie « La Façon » basé à Lyon, c’est un pont qui se construit entre la Presqu’île et la Saulaie. C’est pour moi un moyen de participer à l’évolution d’un quartier où s’annonce une dynamique porteuse !
Nous mettons en place en ce moment un beau projet que vous pourrez découvrir à l’automne...

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